Edition

Quelques conseils pour répondre à un appel à nouvelles !

Bonjour à toutes et tous !

Je suis ravi de vous retrouver aujourd’hui pour partager avec vous quelques conseils en lien avec les appels à texte ! (en particulier les nôtres, mais pas que).

Parce que si vos retours sur les AT Féro(ce)cités (qui est encore en cours de financement, foncez-y !) et Isekai nous ont appris une chose, c’est que savoir par quel bout prendre l’exercice, ce n’est pas toujours évident !

C’est parti, donc !

1 – Lisez l’appel à textes en entier.

Mon premier conseil paraît évident, mais il est fondamental : il faut lire le texte d’accompagnement de l’AT. Même si le sujet vous paraît suffisamment éclairant, même si vous avez déjà des idées, lisez-le. D’abord, parce que ce que vous pensiez être une bonne idée sera peut-être hors sujet, et ensuite parce que l’éditeur de l’anthologie a toujours des attentes et que c’est souvent un bon moyen de les repérer entre les lignes.

D’ailleurs, je vous conseille de le relire aussi après que votre idée de nouvelle ait fait son chemin. Histoire de ne pas vous engager dans un processus d’écriture qui demande des efforts pour finalement ne pas être dans le thème.

J’ajouterais également que se renseigner sur l’éditeur est toujours une bonne idée (quoi que vous écriviez d’ailleurs !) et vous permet en plus de cerner un peu mieux les goûts de celles et ceux qui vont procéder à la sélection.

2 – Ne cherchez pas à tout prix l’originalité.

Ce conseil aurait aussi pu être : « Ne cherchez pas les limites et les failles du sujet ».

Évidemment, quand on répond à un AT, la tentation est forte de se dire qu’il faut se démarquer. Après tout, vous allez être nombreuses et nombreux à participer, et quoi de mieux pour sortir du lot que de faire quelque chose d’absolument jamais lu et auquel personne n’aura pensé ! (par exemple, en jouant sur le sens des mots et du sujet)

Seulement voilà : lorsqu’un éditeur choisit un thème, c’est parce qu’il a le sentiment que c’est, d’une part, suffisamment large pour qu’un maximum d’auteurs et d’autrices aient des choses à écrire dessus, et, d’autre part, parce que c’est ce qu’il veut lire et éditer.

Vous connaissez cette légende de l’étudiant de philosophie qui doit traiter le sujet de l’audace et se contente d’écrire : « L’audace, c’est ça. » sur sa copie ? Bon, et bien dans l’édition, ça n’est absolument pas ce qu’on attend. On ne veut pas que les auteurs nous piègent ou nous opposent les failles de nos définitions, pour la simple et bonne raison que le recueil qu’on constituera finalement devra être relativement homogène et que si vous êtes seul dans une voie, il y a de fortes chances que ce soit une raison qui nous fasse finalement écarter le texte, quelles que soient ses qualités.

Et je pense pouvoir l’affirmer : tous les sujets que vous écartez en vous disant qu’ils sont trop évidents le sont par toutes celles et ceux qui l’envisagent également, si bien qu’à la fin, personne ne l’a traité.

Sur le thème Féro(ce)cités, qui traitait de fantasy animalière et pour lequel nous avions cité en exemples Armello, les Légendes de la garde ou encore le Robin des bois de Disney, nous n’avons reçu qu’un nombre très faible de textes de fantasy épique avec des animaux qui s’inscrivaient directement dans l’une de ces influences. (et l’un des rares à l’avoir fait a été retenu d’ailleurs !)

En résumé, écrivez ce que vous voulez écrire et ce que le sujet vous inspire. Ne cherchez pas l’idée qui vous distinguera : c’est votre personnalité, votre ton et votre écriture qui le feront.

3 – Ne cherchez pas forcément à atteindre le maximum de signes.

Le titre parle pour soi : écrivez ce que vous avez besoin d’écrire. Il n’y a pas de prime au nombre de signes, donc si votre nouvelle atteint tout juste le minimum demandé, ça ne la rend pas mauvaise (très loin de là !). Si votre intrigue tient en 45.000 signes, c’est parfait, inutile d’en rajouter (ou seulement si vous l’estimez nécessaire) !

Si par contre vous avez le problème inverse…

4 – Concentrez vous sur l’intrigue principale.

Une nouvelle, c’est parfois une manière d’entrer dans un univers plus vaste, de se poser des questions et d’ouvrir vers d’autres écrits.

Mais une bonne nouvelle tient d’abord en elle-même avant de faire tout ça. Par conséquent, mettez le paquet sur votre intrigue principale, et donnez envie aux lecteurs et lectrices de découvrir la résolution de cette dernière ! Si en plus vous parvenez à le rendre curieux ou à ouvrir sur un univers plus large, c’est formidable, mais mieux vaut une intrigue solide que cinq sous-intrigues bancales.

Et rien n’est plus frustrant que de ne jamais avoir la résolution de l’intrigue principale, même si…

5 – Toutes les fins sont possibles !

Une nouvelle n’a pas besoin d’avoir un twist final pour être une bonne nouvelle. Il peut s’agir d’une fin ouverte, d’une fin contemplative, d’une résolution brutale, etc. Bref : tout est possible et la qualité d’une nouvelle s’évalue plus sur l’adéquation de sa fin avec le ton du texte que sur la nature de la fin elle-même !

D’ailleurs…

6 – Vous avez le droit de ne rien raconter.

Oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, une nouvelle peut tout à fait être contemplative, et parfois ce n’est pas tant l’intrigue qui compte que la manière dont les personnages y réagissent.

Alors vous pouvez laisser souffler votre narration, créer des pauses et des espaces poétiques si vous le souhaitez. La contrainte de longueur n’est pas là pour imposer un rythme forcené mais pour créer des fenêtres vers des univers plutôt que de grands portails. Parce que, parfois, le plaisir n’est pas le même entre apercevoir et arpenter.

***

J’espère en tout cas que ces quelques conseils vous serviront et vous donneront envie de découvrir notre appel à textes Isekai !

Et si vous avez déjà envoyé des textes à des AT, est-ce qu’il y a des choses que vous regrettez dans votre ancienne manière de les traiter ?

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